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De da Ponte à Cervantès

Don Juan, après la visite de la statue du Commandeur, est précipité aux Enfers avec son fidèle Leporello. Il endosse peu à peu la quête de Don Quichotte et finit par mourir d’amour.

Don Quichotte et Don Juan sont deux grandes figures mythologiques masculines de la littérature. Ils s’opposent tous deux à l’état des choses en véritables anarchistes. Don Juan transgresse tous les interdits et Don Quichotte nie la réalité, et vit dans l’Imaginaire. Ces deux personnages poursuivent le même but : l’inaccessible amour.

Aux Enfers, Don Juan continuera à dire non, refusera de s’amender et cherchera tous les moyens de s’en sortir. Mais devant l'inéluctable, quand il sera forcé d’accepter l’enfermement, sa seule liberté sera de transformer le réel en univers héroïque, de devenir Don Quichotte pour enfin y mourir d’amour.

Et Leporello, serviteur fidèle et moralisateur, passera naturellement dans la peau de Sancho Pança, cet humble naïf aux rêves de grand seigneur.

La violence provocatrice de Don Juan et la folie de Don Quichotte plient la réalité à leur bon vouloir. La cave, décharge infernale, devient citadelle imprenable que l’anarchiste victorieux soumet et transforme en monde féerique. La pire souillon rivalise avec la déesse de l’amour et le pleutre a soudain un cœur de lion.

Dons aux Enfers est une pièce sur l’illusion spirituelle, amoureuse ou artistique ; ces illusions qui amènent l’homme à se dépasser quand il tente de les concrétiser. 

Ce texte devrait permettre à deux acteurs duettistes d’affronter ces personnages mythiques, en s’amusant sérieusement comme des enfants au jeu du “on dirait que tu serais...” et de transformer un dépotoir en oubliette démoniaque ou en paradis retrouvé, par la seule grâce de leur fantaisie et de leur engagement, car au théâtre, tout est possible, il suffit de faire confiance à l’imagination des spectateurs.
 

DONs aux Enfers -Texte :

Dons aux enfers.pdf
 

Quelques notes

 

Tout le début, tiré de l’opéra Don Giovanni de Mozart, doit être joué par des marionnettes. Ce sont elles qui glissent le long de la pente pour s’enfouir dans le fatras d’objets d’où surgissent les deux acteurs qui y sont cachés.

 

 Puis nos deux personnages sont un temps plongés dans le noir, mais il est évident qu’ils doivent être visibles des spectateurs. Ce sont les attitudes des acteurs et le changement de lumière qui doivent rendre évidente la convention.

           

Même chose pour le torrent, le lac, l’escalier du château et le précipice, pas question de les représenter scéniquement.

C’est comment, par exemple, Leporello-Sancho crapahute encordé vers un coin du plateau qui donnera l’illusion que le plancher a basculé.

 

Dans cette pièce, tout n’existe que par le dit et le jeu.

 

Pour le costume de Giovanni, se référer à la description de Pierrot dans la pièce de Molière. À son réveil, il a perdu sa perruque et, après sa « vision », il revêt la veste de Leporello qui, à ce moment, porte un poncho. Ainsi nos deux héros vont vers leur nouvelle destinée.

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