10/10/2017

Spectacle réalisé et disponible : Van Gogh, autoportrait

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Où l’on se rend compte que Van Gogh était un artiste complexe,
cultivé et intelligent, dont la seule folie fut d’avoir aimé trop
passionnément son travail et l’humanité.

La vie présente se maintient dans sa vieille atmosphère de stupre, de désordre, de délire, de dérèglement, de folie chronique, d’inertie bourgeoise, d’anomalie psychique, de malhonnêteté voulue et d’insigne tartufferie, de revendication d’un ordre tout entier basé sur l’accomplissement d’une primitive injustice, de crime organisé enfin. Que la vie un jour devienne aussi belle que dans une simple toile de Van Gogh et pour moi ce sera assez, écrivait Antonin Artaud en 1949.

Ce constat était toujours valable quand fut créé, au milieu des années 1970, Vincent ou La Folie d’Être. Il l’est encore plus aujourd’hui où l’AVOIR a fini par triompher de l’ÊTRE. Il importe donc que le pauvre Vincent, armé et de fièvre et de bonne santé revienne (sous le regard implacable et complice de François Chattot), pour jeter en l’air la poussière d’un monde en cage que son cœur ne pouvait plus supporter.

Avec Autoportrait, Van Gogh revient donc, armé d’un texte plus étoffé (enrichi de mélodies de JeanMarie Sénia), qui laisse davantage place au plaisir de faire, et d’une mise en scène plus aérée et plus nuancée : « je procède par touches colorées et espacées entre elles : cela donne de l’air et on use moins de couleurs. »

Sa soif d’absolu et une logique implacable, qui l’amena au suicide, valent trop souvent à Van Gogh d’être décrit comme un fou génial, guidé d’ailleurs et dépassé par ses chefs-d’œuvre. Or, à lire l’importante correspondance qu’il adressa quotidiennement à ses amis, à sa famille et surtout à son frère Théo, on découvre un homme cultivé. Il parlait parfaitement quatre langues, jouait très agréablement du piano et sa culture littéraire et picturale était immense. Si la médiocrité de ses contemporains, son hypersensibilité aggravée par la syphilis (jusqu’à l’épilepsie) et son penchant intermittent pour l’absinthe le rendaient parfois difficile à supporter comme voisin, ami ou frère, tous ses correspondants ont préservé ses lettres comme autant de reliques.

Vincent y témoigne d’une droiture d’esprit indéniable et d’une exigence de tous les instants. Il livre, dans un langage simple, concret, artisanal, ses objectifs, sa recherche laborieuse et sa démarche obstinée, étayée par la parfaite connaissance de ses maîtres : Rembrandt, Delacroix, l’art japonais... Et cet homme épris de justice sociale cherche inlassablement une expression universelle qui puisse atteindre tous les individus, du petit Français au seigneur de la brousse, du confrère au simple “coco”.

J’ai une fièvre de travail continuelle et j’en jouis comme une cigale. On remplit sa toile à la diable. Alors pourtant on attrape le vrai et l’essentiel et le spectateur en est parfois stupéfait et même enthousiaste.

écrit Van Gogh tandis qu’Artaud proclame que le Théâtre est la genèse de la création, « un théâtre qui à chaque représentation aura fait gagner corporellement quelque chose aussi bien à celui qui joue qu’à celui qui vient voir jouer. » C’est sous l’égide de ces deux “voyants” que l’acteur se coltine avec le Suicidé de la société.

Le décor figure un musée imaginaire : la chaise paillée, le fauteuil de Gauguin, une brassée d’iris, le grand vase de terre cuite, un chevalet, une valise et une toile. Et l’acteur fait de ces motifs des accessoires essentiellement théâtraux.

Comment incarner Vincent van Gogh, (qu’une légende putassière décrit comme un pauvre peintre, alcoolique, fou et maudit, qui maintenant vaut si cher) en évitant les clichés obscènes et ces idées complaisamment reçues ? En m’immergeant dans son œuvre, (sa peinture, ses dessins et sa correspondance), il m’est apparu clairement, comme disait Artaud, qu’on peut parler de sa bonne santé mentale. Pour moi, interpréter Van Gogh, c’est livrer sur scène, avec les moyens du bord, une intimité longuement acquise, en m’efforçant de mettre mes pas dans les siens, fidèlement et amoureusement, et de façon que tout le monde qui a des yeux puisse y voir clair. Et, comme Vincent le disait : c’est toujours un plaisir que quelqu’un me regarde faire lorsque je travaille.

Oui, il s’agit, avant tout, de travail et d’amour. C’est en travaillant que l’on se rencontre, ça c’est la meilleure manière. Il n’est pas proposé au spectateur de Van Gogh, Autoportrait d’être voyeur ou consommateur de performance, mais réellement partenaire, tout comme Théo : le frère, l’indispensable, le financier, l’interlocuteur privilégié, le complice…

Avertissement : Le montage que j’ai fait n’est pas qu’une succession de lettres mises bout à bout. Je me suis en effet permis de forger des phrases avec des extraits de différentes missives, de différents passages. Parfois même, principale et subordonnées émanent d’épîtres diverses. Quant à Artaud, dont le verbe se mêle inextricablement à la prose de Van Gogh (dès que la Fatalité se fait résolument contre) il nous fixe, au départ, la règle du jeu et nous en donne la conclusion. Je n’ai toutefois pas touché à la syntaxe si savoureuse de cet étranger polyglotte, ni à la musicalité singulière du Momo.

Jean O’Cottrell


On peut parler de la bonne santé mentale deVan Gogh. Alors parlons-en !

« Il faut parler, parler, parler… ». C'est d'utilité publique.

Dario Fo nous invite à la fin de la Naissance du jongleur : « Allez sur les places de villages et parlez, parlez,…, racontez, racontez comment va le monde… » Et oui, c'est d'utilité publique, il ne faut donc jamais se priver de ressasser les textes importants et d'aller les raconter partout, pour que jamais la mémoire ne s'éteigne.

Voilà pourquoi il est indispensable de vous convier à venir écouter, réécouter, et entendre encore cette incroyable conversation entre deux frères : Vincent Van Gogh et son frère Théo, accompagnée du célèbre texte d'Antonin Artaud sur Van Gogh.

Jean O'Cottrell nous raconte ces figures d'une saisissante façon : admirable conteur, sa présence démultiplie l'intensité du texte et touche en direct, au plus profond, chaque spectateur.

Du fin fond de l'intimité du peintre, surgit cet appel à tous et à chacun : qu'est-ce que c'est que travailler comme un artisan, un artiste, un colporteur d'émotions, entre la solitude silencieuse de l'atelier, et le vacarme brûlant de la cité ?

Comment peindre, bien sûr, mais aussi comment apprendre à vivre seul et ensemble "avec les moyens du bord" ?

Créé en 1976 au Grenier de Toulouse, alors dirigé par Bruno Bayen, le Van Gogh d’O’Cottrell a installé son bivouac en 2010 au Théâtre Dijon Bourgogne avant de repartir sur les routes et en faisant une halte au Théâtre Lucernaire en 2011. Venez nombreux. Qu'on se le dise !

François Chattot


Interview de François Chattot par DMTV 21, à propos du spectacle :

 

Interview de Jean O'Cottrell par DMTV 21, à propos du spectacle :

 

Van Gogh, autoportrait a fait l'ojet d'une adaptation radiophonique par France Culture .

https://podtail.com/podcast/theatre-et-compagnie/van-gogh-autoportrait-de-jean-o-cotrell/

 

Dossier de Presse :

Van Gogh Dossier de presse.pdf

 

Texte et mise en scène :

VAN GOGH - TEXTE.pdf

 

Pour voir des extraits du spectacle :

 

 

Pour la captation intégrale du spectacle,

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